Article 04

«Je travaille dans cette usine depuis le 5 juin 2006. Mon salaire tourne autour de 1 400 yuans [158 euros] par mois, ce qui fait juste une centaine de yuans de plus que ce que touchent ceux qui viennent d’être embauchés. Vous trouvez ça juste ? »

« Est-ce qu’il est juste que mon salaire ait augmenté la deuxième année de 28 yuans seulement, la troisième de 29 yuans et la quatrième de 40 ? Est-ce qu’il est juste que 40 % de ceux qui travaillent ici soient des stagiaires très peu payés, ce qui se répercute sur les salaires de tous ? Est-ce qu’il est juste qu’il y ait cinq grades, chacun divisé en quinze échelons, ce qui veut dire que, comme je ne peux gravir qu’un échelon par an même si je fais tout comme il faut, il me faudrait soixante-quinze ans pour arriver tout en haut ? Est-ce qu’il est juste de travailler autant pour ne mettre de côté que quelques centaines de yuans par mois ? Il y a trop d’inégalités, trop de promesses non tenues, trop d’injustices. Que sommes-nous si nous acceptons tout cela ? On n’a pas le choix : cette grève, c’est une question de dignité. » Ainsi s’exprimait un ouvrier de l’usine de pièces détachées du constructeur automobile japonais Honda, à Foshan, dans la province chinoise de Guangdong, dont la grève a marqué le mois de mai 2010.

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